
L’association en question brassait de l’argent, pas mal d’argent, à raison de 65 à 95 euros de cotisations multipliées par plus de 2000 adhérents. Son président réalisa des opérations immobilières à Saint-Etienne, avec l’achat d’un siège social rue Mi-Carême, de locaux rue Paul-Bert… La première plainte est venue de l’inquiétude d’un membre, qui craignait des détournements de fonds.
Deux autres plaintes allaient suivre, et les enquêteurs allaient découvrir, selon les propos du président du tribunal : « Une comptabilité résumée à sa plus simple expression ». Il parlera « d’opacité ». Il emploiera aussi le mot à la mode de « rétrocession ». Le procureur de la République, M. Chassaigne, estima ensuite que « l’opacité était parfaitement voulue quand elle favorise les délits ». Il expliqua qu’il y avait un triangle entre l’association Nouvelle Génération Loire, une compagnie d’assistance et une autre d’assurance. Un triangle dans lequel il est difficile de se retrouver.
La justice a retrouvé, elle, des dépenses qui paraissent surprenantes, voire suspectes, vu l’objet de l’association. Toutes les parties ont relevé un inventaire à la Prévert : GPS pour une association qui n’a pas de voiture, cafetière, séjours à l’hôtel… et même un abonnement à l’ASSE. Maître David Sadoun tenta de convaincre le tribunal que le président de Nouvelle Génération voulait intégrer des jeunes en les emmenant au stade, ou inviter l’ambassadeur, qu’il n’avait comme ambition que de servir l’association. Le procureur estimait lui qu’il y avait eu abus et demandait six mois de prison, assortis du sursis et 3 000 euros d’amende. Le tribunal allait le suivre, retranchant de ses commentaires le « délit de rétrocession ».
L’association végète aujourd’hui, mais a toujours ses actifs immobiliers.
Source (leprogres.fr)