Sénégal : Le rapatriement des décédés du Covid-19 autorisé

C’est un revirement à 360 degrés. Le président de la République vient d’autoriser le rapatriement des décédés du Covid-19. Le fort taux de contagion autrefois mis sur la table pour expliquer le bien-fondé de la décision très décriée semble s’évaporer du jour au lendemain. Une «décision politique» qui sera fortement appréciée par la diaspora

Les corps des Sénégalais décédés du coronavirus pourront être enterrés chez eux. Cette décision prise hier par Macky Sall va soulager la diaspora, mobilisée pour réaliser les dernières volontés de leurs parents. «Chaque deuil nous affecte profondément, sur
tout lorsqu’à cette souffrance s’ajoute la douleur de la distance, quand le décès survient à l’étranger. Ainsi, tenant compte de la forte demande de rapatriement de corps de nos compatriotes décédés du Covid-19 à l’étranger, et sur la base d’avis motivés que nous avons recueillis en ce qui concerne les conditions sanitaires, il sera désormais possible de procéder à ces rapatriements», déclare Macky Sall ce 11 mai 2020.

Une décision fortement appréciée par la diaspora sénégalaise et qui pousse à s’interroger sur les motivations du Président. En effet, le 7 mai 2020, la Cour suprême avait fini de débouter le Collectif pour le rapatriement des dépouilles qui l’avait saisie d’une requête en liberté-référée. Depuis l’annonce de la décision, il a remué ciel et terre pour faire reculer Macky Sall. Le président de la République avait expliqué le bienfondé de sa décision sur le fait que les dépouilles présentent un fort taux de contagion. Qu’est-ce qui a pu changer entre-temps pour faire reculer le chef de l’Etat ? Si le taux de contagion était si élevé que cela, pourquoi accepter le rapatriement aujourd’hui alors que des universitaires ont remis en cause cette thèse ? A défaut d’avoir une réponse de l’actuel locataire du Palais, Seydou Guèye, un de ses lieutenants, s’est donné la mission d’édifier les Sénégalais sur ce rétropédalage. «C’est une décision politique», a-t-il dit sur la Tfm. Pour M. Guèye, il n’y avait pas une bataille politique, mais le Président a tout simplement entendu l’appel de son Peuple. Et le plus important : «Il a échangé avec des spécialistes qui ont étudié le problème de fond en comble avant de prendre sa décision.»

Tout compte fait, les Sénégalais décédés du Covid-19 vont être enterrés au pays. Qui va désormais apprendre à vivre avec la maladie dans la plus grande approximation.

Source et lien : https://www.lequotidien.sn/le-rapatriement-des-decedes-du-covid-19-autorise/

Covid-19 Vatican : Le Pape prie pour les personnes qui travaillent dans les services funéraires

Lors de la messe en la chapelle de la Maison Sainte-Marthe, ce samedi 25 avril 2020, le Pape François a tourné son regard vers ceux qui ont en charge les services funéraires. Dans son homélie, le Saint-Père a invité à vivre notre foi portes ouvertes.

Vatican News

En ce samedi, de la deuxième semaine du Temps Pascal, où l’Eglise fête Saint Marc, l’évangéliste, le Saint-Père a introduit la messe en priant pour ceux qui travaillent dans les services funéraires, en cette période de pandémie. «Prions ensemble aujourd’hui pour les personnes qui s’occupent des services funéraires. Ce qu’ils font est si douloureux, si triste et ils ressentent de si près la douleur de cette pandémie. Prions pour eux».

Dans son homélie, le Pape François a commenté l’Evangile du jour selon saint Marc (Mc 16, 15-20) lorsque «Jésus ressuscité se manifesta aux onze Apôtres et leur dit : Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création». Le Saint-Père, relatant l’envoi du Seigneur qui s’est révélé comme Sauveur, a exhorté à vivre une foi missionnaire, «une foi, offerte comme un trésor, qui nous porte toujours à sortir de nous-mêmes».

Source et lien : vaticannews.va

Lien vers le texte de l’homélie (transcription de travail non officielle)

Covid-10 France : les Africains de France ne savent plus où enterrer leurs morts

Les familles des victimes du Covid-19 peinent à rapatrier les corps dans leur pays d’origine ou, à défaut, à leur trouver une place dans un cimetière français.

Plus aucun laissez-passer pour les morts. C’est l’une des conséquences de la fermeture des espaces aériens mondiaux en pleine pandémie liée au coronavirus : les rapatriements funéraires depuis la France sont compromis. Un déchirement pour de nombreuses familles, notamment dans les diasporas africaines : beaucoup n’ont pas d’autre choix que d’enterrer leurs proches décédés sur le sol français. A l’épreuve du deuil s’ajoute alors la culpabilité de ne pas pouvoir respecter les dernières volontés de leurs défunts.

«C’est une douleur indescriptible. Je ne souhaite à personne de vivre cela», confie Mohamed, la voix lourde. Son grand-père s’est éteint à l’âge de 85 ans, dix jours après l’entrée en vigueur des mesures de confinement en France. «On n’a pas pu lui rendre visite pendant ses trois jours d’hospitalisation. Même pas un coup de téléphone. Et même après sa mort, impossible de voir son corps. Pour nous, c’était la double peine», explique l’homme de 29 ans.

Décédé du Covid-19, le patriarche ne pourra pas être inhumé, comme il l’aurait souhaité, dans son pays natal, l’Algérie. La nouvelle a été d’autant plus difficile à accepter pour Mohamed et sa famille que l’islam encourage les retours post-mortem vers les terres d’origine, à l’instar des deux autres monothéismes, judaïsme et christianisme, dans une moindre mesure. Comme beaucoup de croyants, ils s’étaient mis eux aussi à redouter plus que tout la mort d’un être cher dans cette France confinée où les funérailles sont abrégées et les rites empêchés.

« On a envisagé tous les scénarios possibles »

Initialement, on voulait envoyer sa dépouille par avion-cargo. Puis on a eu l’espoir de pouvoir l’enterrer ici dans un premier temps, avant de le déterrer et de le renvoyer au pays une fois le confinement terminé. Mais religieusement, ce n’est pas possible », concède Mohamed. Lui et sa famille ont dû se résigner à enterrer leur parent dans le carré musulman du cimetière de la commune d’Ile-de-France où il résidait depuis une cinquantaine d’années. «Pour nous c’est bizarre. Ma grand-mére est enterrée là-bas et mon grand-père ici. On aurait aimé qu’ils soient réunis.»

Manque de carrés musulmans

Au-delà des traditions religieuses, le rapatriement est surtout un choix qui résonne avec le parcours migratoire des personnes décédées. « Par le rapatriement, il y a cette volonté de réintégrer le défunt dans une filiation et de réparer cette rupture des trajectoires familiales provoquée par la migration », explique Valérie Guzol, chercheuse au centre Max-Weber, à Lyon, qui travaille sur les enjeux de l’inhumation chez les immigrés originaires du Maghreb et leurs descendants. Elle estime « entre 80 et 85 % » la proportion de rapatriement posthume chez cette population en France.

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