PAKISTAN/CRASH : Le deuil des familles suspendu aux tests ADN

ISLAMABAD  – Une foule en détresse s’étire dans un bâtiment sans âme d’Islamabad: les familles des victimes du crash d’avion de la veille, encore plus abattues après avoir appris qu’il faudrait peut-être une semaine, et les résultats des tests ADN, pour recueillir les dépouilles pour un rapatriement de corps du Pakistan.

Ils sont des dizaines à attendre de donner leur sang jeudi au Centre communautaire de la ville, où les autorités doivent faire correspondre leur ADN avec ceux des restes carbonisés, amassés dans un hangar froid de la capitale. Mercredi matin, sous un ciel de pluie et de lourds nuages, le vol Airblue ED 202 Karachi-Islamabad a terminé sa course dans les collines de Margalla qui bordent la capitale, tuant la totalité des 152 personnes qui se trouvaient à bord et se désintégrant sur des pentes tapissées d’une épaisse forêt.

Parmi elles, le jeune Farid Alvi rentrait d’une visite chez son frère Touheed, professeur dans un institut universitaire scientifique à Karachi. Ce dernier s’est précipité à Islamabad pour venir pleurer son frère disparu.

« Le gouvernement a toutes les ressources possibles, et devrait avoir déjà fini ces tests », regrette Touheed, les yeux embués de larmes. L’Airbus 321 devait atterrir à l’aéroport international Benazir Bhutto d’Islamabad lorsque des témoins l’ont vu voler à très basse altitude, avant de le voir disparaître dans les nuages et d’entendre un bruit assourdissant.

L’avion s’est brisé avant de s’abîmer dans une gorge située entre deux collines, un endroit difficile d’accès et éloigné de la route. Sur place, les secours n’ont trouvé que des corps carbonisés et en morceaux, guère identifiables pour nombre d’entre eux.
Dans les allées du Centre communautaire, autour du point de collecte d’échantillons ADN installé par les autorités, les familles de victimes tentaient de se consoler en s’en remettant à la volonté divine.
« Que pouvons nous faire… Nous sommes sans défense », dit l’un d’eux en faisant la queue pour donner un peu de son sang. « C’est la volonté de Dieu Tout-Puissant », ajoute-t-il sans pouvoir retenir ses larmes.
Un peu plus loin, Faisal Arayein semble désarmé. On vient de lui dire qu’il ne pouvait rapatrier le corps de son frère Asim à Karachi, alors que le corps de ce dernier a bien été identifié.
« On me dit maintenant de contacter la compagnie Airblue, ça n’a vraiment pas de sens.
Je suis perdu, je ne comprends pas pourquoi les autorités ne me laissent pas ramener mon frère… ça n’est pas juste ».

Article provenant du site : http://www.portalangop.co.ao (le 29/07/2010)

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