France : Les rites funéraires islamiques en droit français : la conciliation par l’adaptation

L’inauguration du cimetière public musulman de Strasbourg en février et l’affaire des exhumations au carré musulman d’un cimetière niçois fin décembre soulèvent bien des questions sur la gestion des carrés musulmans en France. Si 80 % des musulmans choisissent de rapatrier leurs proches décédés dans les pays d’origine, les 20 % restants tiennent à avoir une place en France après leur mort. Un enracinement par la terre qui leur est naturel. Mais comment concilier les besoins des familles à satisfaire les rites religieux et la législation française ? La gestion exemplaire du carré musulman de La Guillotière à Lyon, mise en exergue par Dounia Bouzar, interpelle.

La mort est inéluctable mais ne signifie nullement la fin définitive de la vie en islam. Pour préparer cette étape vers l’au-delà, la religion codifie les rites funéraires dans le moindre détail. Ainsi, les corps doivent être lavés, recouverts d’un linceul puis enterrés le plus rapidement possible dans un délai de 48 heures au maximum après la mort. Après la prière funéraire collective célébrée au cimetière, l’ensevelissement du défunt à même la terre – sans cercueil dans la tradition – se fait sur son côté droit de façon à ce qu’il soit dirigé vers La Mecque. Les incinérations sont formellement proscrites dans la religion musulmane. Quant aux exhumations, elles sont aussi interdites sauf en cas de force majeure.Si le droit à la non-incinération et à la non-exhumation sont bien respectés à la demande des familles, d’autres contraintes juridiques posées par la législation amènent les autorités musulmanes à adapter certaines pratiques sans pour autant les dénaturer. Une difficulté qu’a réussi à surmonter les Conseils régionaux du culte musulman (CRCM), dont celui de Rhône-Alpes, qui se démarque dans le paysage national. La bonne gestion, par les services municipaux, du carré musulman lyonnais de La Guillotière grâce au partenariat étroit noué avec le CRCM est d’ailleurs mis en évidence dans le dernier travail de recherche sur les bonnes pratiques de la laïcité, réalisé par l’anthropologue Dounia Bouzar pour le groupe parlementaire socialiste*.
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