Rencontre avec Dominic Vernhes

Rencontre avec Dominic Vernhes, directeur de la société Anubis International Assistance

À la suite des évènements survenus en Outre-mer, Résonance a souhaité connaître l’impact qu’avaient pu avoir ces manifestations sur les professionnels funéraires. Dominic Vernhes, gérant d’une entreprise de rapatriement de corps, a bien voulu répondre à nos questions en s’appuyant sur son ressenti et sur une synthèse des différentes informations qu’il a pu échanger avec ses partenaires, tant en Guadeloupe qu’en Martinique.
Résonance : Depuis quelques années, le secteur funéraire fait l’objet d’un matraquage médiatique, notamment d’un point de vue financier. En Outre-mer, lors des manifestations contre la vie chère à l’origine desquelles étaient le « LKP » et le « Collectif contre la vie chère », les professionnels funéraires ont-ils été montrés du doigt ?
Dominic Vernhes :
Pas directement mais le prix des prestations funéraires notamment celles importées ont subi un surcoût dû au transport et à des taxes diverses telles que l’octroi de mer spécifique au DOM. Ces éléments augmentent la facture finale pour les familles. La base de revendications des Collectifs « Contre la vie chère » a recueilli l’adhésion des populations locales dont les professionnels du funéraire font partie. Cependant, l’activité funéraire ne pouvait cesser pendant cette longue grève et tout en étant solidaires, nos entreprises ont été très perturbées pour assurer les services. Certaines ont travaillé à rideaux fermés pour ne pas attirer l’attention des manifestants déterminés à interdire toute activité commerciale.
Résonance : D’un point de vue purement fonctionnel, les grèves et autres manifestations, les diverses détériorations matérielles ou encore la pénurie de carburant ont-elles été fortement nuisibles pour l’exercice de votre métier au quotidien ?
Dominic Vernhes : Anubis Antilles-Guyane a pu maintenir son niveau de services dans des conditions adaptées au rythme des arrivées et des départs. Pour se rendre à l’agence de l’aéroport de Fort-de-France, les collaborateurs ont organisé un covoiturage et, durant cette période, ont su s’adapter à des plages horaires extensibles pour le service des familles et des entreprises funéraires.  Le service a été aussi modulé en fonction de l’arrivée ou du départ des vols quelque peu perturbés par les nombreuses annulations ou reports. Une adaptation a donc également été nécessaire pour accueillir les agences funéraires qui ne parvenaient pas toujours à se rendre à l’aéroport pour réceptionner ou déposer un cercueil.Pour les dépouilles au départ de la métropole, l’annulation de certains vols a obligé les familles à reporter les obsèques de 24 à 48 heures.  Au début des grèves, chacun a vécu sur ses réserves de carburant, attendant que des solutions alternatives se mettent en place. Les préfectures ont délivré des autorisations prioritaires de ravitaillement après une dizaine de jours. Il était assez difficile de trouver une station approvisionnée. Parfois celle-ci se trouvait à plusieurs kilomètres et plusieurs heures d’attente étaient nécessaires pour obtenir 20 € de carburant. Les mairies étaient fermées et là aussi un service d’astreinte avait été mis en place. Dans certains établissements, notamment publics, l’organisation des veillées a été limitée car les horaires d’ouverture étaient restreints de 15 h à 18 h au lieu de 15 h à 23 h. La circulation était également rendue délicate par endroits en raison de barrages situés sur les grands axes routiers.  La durée de la grève a stoppé le réapprovisionnement de cercueils, obligeant les entreprises à puiser dans leurs stocks ce qui a parfois limité l’offre de modèles pour les familles. La grève terminée, l’achalandage des entreprises a repris son cours normal en quelques semaines.
Résonance : Avec le recul, ces événements ont-ils eu un impact sur votre image et celle de la profession funéraire, et si oui, comment y avez-vous remédié ?
Dominic Vernhes : Non pas directement, mais les entreprises du secteur funéraire sont pour certaines concernées par les décisions prises en faveur des bas salaires et cela pourrait avoir des répercussions sur le coût des obsèques.
Résonance : Y a-t-il un autre sujet que vous aimeriez aborder ?
Dominic Vernhes : Malgré des conditions de travail assez restreintes et parfois risquées, les entreprises funéraires ont fait en sorte de maintenir un niveau de service permettant le respect des rites funéraires locaux, dont l’organisation des veillées, tradition qui donne encore aujourd’hui une identité si particulière aux obsèques et à nos professionnels.

À propos de anubisgroup

Fondateur du groupe Anubis, j'en suis également le dirigeant depuis sa création en 1995. Anubis est devenu la référence dans le domaine du funéraire international. Lorsqu'un décès survient, nous sommes là pour vous assister ! Il ne s'agit pas d'un slogan mais d'une réalité.