Covid-19 Canada : Des familles inquiètes pour le rapatriement de proches défunts

Ici.radio.canada.ca Thilelli Chouikrat Publié le 15 avril 2020

Les rapatriements de corps de Canadiens décédés à l’étranger ou de personnes d’origine étrangère vers leur pays natal sont plus compliqués avec la crise actuelle de la COVID-19.

Mirna Saad, une résidente de Windsor, est d’origine libanaise. L’an dernier, son mari a perdu, coup sur coup, deux membres de sa famille, décédés aux États-Unis. Ils ont été enterrés au Liban. Le couple, qui a l’expérience de cette procédure, craint maintenant de voir celle-ci se complexifier à la suite de la pandémie du coronavirus.

Mon mari [m’a dit] qu’un jour quand il sera décédé (…), « moi je veux pas être enterré ici, je veux être enterré au Liban », explique-t-elle.

Mirna Saad explique que ses aïeux et ceux de son époux reposent tous au pays du cèdre. Il est donc primordial de les rejoindre, le jour venu.

Selon elle toutefois, beaucoup de membres de sa communauté préfèrent acheter des terrains au Canada, pour un enterrement sur place. Elle évoque le prix élevé du rapatriement des corps de personnes décédées, qui peut s’élever jusqu’à 12 000 dollars, en fonction du pays de destination.

Majid Guessous, un membre de l’association musulmane de Windsor, explique aussi que la plupart de ses coreligionnaires choisissent d’être inhumés au Canada, pour des raisons économiques, mais aussi pour suivre un précepte de l’Islam qui demande d’enterrer rapidement une personne décédée.

M. Guessous indique que certaines de ses connaissances ont tout de même choisi leur pays d’origine pour dernière demeure. Il s’inquiète aussi pour les personnes venues de l’étranger pour visiter leur famille au Canada. En cas de décès, la procédure de rapatriement serait coûteuse et délicate, selon lui.

Des obstacles administratifs

Éric Navel est conseiller de presse et communication de l’Ambassade de France à Ottawa. Selon lui, aucun cas de rapatriement du Canada vers la France ne s’est encore présenté, mais il confirme que l’opération serait complexe. En raison notamment de la réduction des activités des consulats, qui sont actuellement très sollicités par leurs ressortissants.

Il explique également que les rapatriements de défunts se font dans le cadre d’accords consulaires. C’est au pays qui reçoit la dépouille de délivrer une autorisation. En France, les municipalités doivent donner leur accord pour un enterrement sur leur territoire. Or, Éric Navel n’est pas certain que celles-ci soient actuellement en mesure de délivrer des autorisations d’inhumation.

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