L’Afrique du sud va rapatrier d’Australie l’esprit du premier rebelle khoï

Port Elizabeth (Afrique du Sud) – L’Afrique du Sud a renoncé au rapatriement de corps d’Australie les restes du premier rebelle khoï-san, le chef Dawie Stuurman, parce qu’elle n’a pas réussi à les localiser, et va, à défaut, rapatrier son esprit, ont annoncé les autorités sud-africaines. Le rapatriement spirituel consiste en un rituel traditionnel réalisé par de vieux Khoï pour faire revenir l’esprit de Stuurman sur ses terres natales.  Au cours d’une réunion vendredi dans la ville côtière de Port Elizabeth, les chefs traditionnels khoï et des responsables du Conseil de l’héritage national sud-africain ont décidé d’abandonner le projet de rapatriement de la dépouille après avoir constaté leur échec à la localiser. Après avoir réalisé la complexité de l’opération (de localisation) et le temps déjà écoulé depuis la mort du chef Stuurman (en 1830), nous avions un plan B, qui consiste à rapatrier son esprit, si sa dépouille ne pouvait pas être retrouvée, a déclaré le président du Conseil de l’héritage national, Sonwabile Mangcotywa, samedi à l’AFP.
Il s’agissait au départ de faire coïncider le rapatriement du corps de Stuurman avec les célébrations du 20e anniversaire de l’avènement de la démocratie en Afrique du Sud, qui se tiendront lundi. Nos projets n’ont pas abouti. C’est malheureux. La seule solution qui nous reste maintenant est d’organiser un rituel traditionnel pour le rapatrier spirituellement, a déclaré M. Mangcotywa. Une vaste campagne avait été menée en Afrique du Sud pour rapatrier le corps du chef khoï dans la vallée de Gamtoos, dans la province du Cap Oriental où il est né. Stuurman était le dernier chef khoï-san, célèbre pour sa résistance aux colonialisme qui lui avait valu d’être emprisonné. Après deux évasions, il avait été déporté en Australie pour finir d’y purger sa peine. Décédé à Sydney en 1830, il aurait été enterré sous le pont du port de Sydney.

Son rapatriement spirituel devrait avoir lieu en septembre. M. Mangcotywa a précisé que le président sud-africain Jacob Zuma et l’ambassade d’Australie allaient être contactés pour que des cérémonies du souvenir se tiennent à Sydney et dans la province du Cap oriental. Peu nombreux, les peuples khoï-san étaient autrefois appelés hottentots, bochimans ou bushmen et sont connus pour leurs langues à clics. Ils sont depuis l’apartheid classifiés dans la catégorie fourre-tout des métis, qui regroupe des populations mélangées, ni blanches ni noires ni asiatiques.

Sources : ©AFP / 26 avril 2014 20h14

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