France : Les deuils impossibles des musulmans de Nevers

La Mosquée du pardon de Nevers respecte la distanciation sociale, empêchant la tenue des rituels mortuaires classiques © Pierre DESTRADE

Comme pour les autres religions, les règles sanitaires empêchent la tenue des cérémonies mortuaires pour les musulmans. Auxquelles s’ajoute le douloureux problème des rapatriements des corps dans les pays d’origine des personnes décédées.

Chez les musulmans, la mort s’accompagne de rituels précis, sans qui le deuil est perturbé, voire empêché. Désespérément douloureux.
Fortement touchée par le Covid-19, la communauté musulmane nivernaise est confrontée à des difficultés terribles pour saluer ses morts…

Ainsi, si une personne de confession musulmane décède du Covid-19, les laveurs qui viennent nettoyer et préparer le corps ne peuvent intervenir. Comme ils le font habituellement, en accord avec les services de l’hôpital de Nevers, par exemple.
Une personne morte du Covid-19 est considérée, par les médecins (et selon une directive nationale), comme étant potentiellement contaminante pendant vingt-et-un jours après son décès.

Impossible donc pour les familles d’approcher leur mort. Impossible également d’amener le corps à la mosquée pour une cérémonie. Un déchirement pour les musulmans.

« Pour les musulmans, il y a deux choses importantes : que l’enterrement se fasse le plus rapidement possible après le décès et qu’un maximum de personnes assistent à la cérémonie à la mosquée », précise le président de l’association des musulmans de Nevers, Abdellah Ech-Chykry. Deux rituels brisés par le Covid-19.
« Des difficultés partagées par les autres confessions », souffle-t-il.
Sauf que dans le cas des musulmans, vient s’ajouter un autre problème : le rapatriement des corps dans les pays d’origine des décédés.

Suite et source de l’article : Le journal du centre

France Covid-19 : le lavage mortuaire et le rapatriement des corps interdits

Le lavage mortuaire et le rapatriement des personnes décédées de COVID-19, sont interdits en France. Cette décision s’inscrit dans la droite ligne des mesures préventives contre la propagation du virus.

Il est interdit aux pompes funèbres musulmanes de pratiquer le lavage mortuaire sur les personnes décédées du Coronavirus et d’organiser le rapatriement des corps vers leurs pays d’origine.

Cette interdiction est élargie à toutes les personnes, décédées du COVID-19 ou non, pendant cette période de crise. « Tout corps de défunt est potentiellement contaminant et les précautions standard doivent être appliquées lors de la manipulation de tout corps », déclare le Haut conseil de la santé publique du royaume, par rapport à la prise en charge du corps d’une personne décédée du COVID-19.

Cette interdiction a reçu un écho favorable du côté du Conseil français du culte musulman (CFCM), qui précise que c’est par mesure de prudence et de prévention que les hôpitaux ont pris cette décision, qui ne vise qu’à protéger les vivants et n’est pas en contradiction avec les prescriptions de l’islam.

Les prescriptions relatives au respect de la dignité du défunt doivent être observées sans mettre la vie des autres en danger, dans un contexte d’épidémie de COVID-19.

Source : www.bladi.net