France : Le rapatriement de corps profite aux pompes funèbres communautaires

Le Progrès de Lyon : http://www.leprogres.fr/economie/2011/11/01/le-rapatriement-de-corps-profite-aux-pompes-funebres-communautaires

Créneau. Face aux grandes enseignes nationales, les pompes funèbres locales tournées vers leurs communautés semblent tirer leur épingle du jeu

A Lyon comme ailleurs, les grands groupes de pompes funèbres, tels que PFG ou Roc Eclerc, sont omniprésents sur le marché du funéraire. Elles seraient ainsi sept à huit enseignes classiques, à offrir, à Lyon, leurs services à travers une trentaine de bureaux. Toutes proposent le rapatriement de corps, repatriacion del cuerpo ou body repatriation sans pour autant tirer un gros profit de cette activité « Il nous arrive de rapatrier trois corps en Italie ou au Portugal en une semaine puis de n’avoir aucune demande de ce type pendant trois mois », explique Olivier Coroleur, propriétaire de l’enseigne Roc Eclerc à Villefranche-sur-Saône. Dans le centre de Lyon, en revanche, les demandes portent davantage sur les pays du Maghreb : « 95 % de nos rapatriements s’effectuent vers l’Algérie et dans une proportion moindre vers le Maroc. En réalité, pour une famille cela revient moins cher d’expatrier le défunt vers son pays d’origine que de l’inhumer en France. Le cercueil est, en effet, vendu hors taxe lorsque le pays n’appartient pas à l’Union européenne. Cependant, sur les 500 dossiers que nous traitons chaque année, le rapatriement de corps ne représente que 10 % de notre travail », souligne Pascal Bouveyron, directeur des pompes funèbres Rozier, une entreprise de neuf salariés située dans le 3 e arrondissement de Lyon (chiffre d’affaires 2010 : 1 087 654 €).

Aussi, les onze entreprises tournées vers les communautés musulmanes ou israélites implantées à Lyon semblent profiter du marché. « J’ai ouvert en mars dernier, je suis seule aux commandes de mon entreprise et pour le moment je ne reçois que deux ou trois clients par mois. On me demande autant d’inhumations dans la région qu’à l’étranger (Algérie, Maroc, Comores etc.). Côté tarifs, il faut compter 2 000 à 3 000 € pour les rapatriements à destination des pays du Maghreb, en sachant par exemple que le prix dépend du poids de la personne puisque le défunt et son cercueil sont assimilés à du fret par les compagnies aériennes », précise Djamilah Bengana, installée à Rilleux-la-Pape. L’Etat tunisien, qui prend en charge les frais de rapatriement de ses nationaux, a même choisi de travailler exclusivement avec deux entreprises sur la région lyonnaise : les Pompes funèbres générales et l’Eternité. Mais les enseignes classiques doivent elle-mêmes faire appel à des transitaires en douane ou « assisteurs » spécialisés dans le rapatriement de corps. Anubis, une entreprise parisienne, dirigée par Dominic Vernhes (CA 2010 : 3 270 000 €), fait partie de ceux-là. Seule sur ce créneau, elle a installé, depuis 2005, son antenne aux portes de l’aéroport Saint-Exupéry.

Enfin, certaines petites enseignes résistent grâce, notamment, à une proximité et une connaissance des rites appréciées des familles. Avec un chiffre d’affaires annuel 2010 de 170 000 €, Henri Kaim, dirigeant des pompes funèbres éponymes, dit vouloir davantage apporter un service à la communauté juive dont il fait partie plutôt que de grossir les rangs des entreprises de pompes funèbres à Lyon : « J’ai créé mon entreprise il y a trois ans après avoir constaté que, contrairement à Paris ou Marseille, notre communauté n’avait pas de prestataire dont elle pouvait se sentir proche culturellement ». Pour autant, Henri Kaim garde ses portes ouvertes à toutes les autres confessions.

Julia Beaumet
Publié le 01/11/2011 à 06:00

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